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Un dimanche à Breb

août 6, 2008 · Un commentaire

Du calice à l’Ursus, dans ce petit village il n’y a qu’un pas. Boit-on autant les paroles du prêtre que celles de ses camarades de jeux?

Le jour se lève doucement sur les vertes collines du Maramures. Calme dominical d’un jour d’été. Le dimanche est le seul jour chômé ici. Le travail des champs ne laisse aux femmes et aux hommes que peu de temps à soi. La chaleur monte doucement, la rosée s’évapore et enveloppe le village des odeurs délicates d’une campagne luxuriante. 10h, Breb se réveille. Les deux clochers, orthodoxe et greco-catholique, sonnent le début d’un bal étrange pour des yeux etrangers. Les maisons doucement s’ouvrent et laissent s’échapper des habitants d’un autre temps. Au compte goutte, femmes et hommes traversent les petites rues en vêtements traditionnels. Chemise blanche en coton épais travaillé et petit chapeau de paille pour les hommes; jupe à fleurs, chemisier blanc et petit fichu pour les femmes. La petite foule éparse se dirige avec ferveur vers son lieu de culte, portant fièrement et d’un naturel déroutant les traces d’une tradition bien vivante.

Aux sons des chants lancinants du culte oriental, les deux églises se remplissent à mesure que le village se vide. Rares sont ceux restés chez eux pendant les deux heures que dure le culte. C’est la religion qui rythme ce début de journée. Mais si l’office est suivi avec une attention soutenue et sincère, sa fin sonne bientôt le passage du spirituel au spiritueux. La foi réchauffée par la grâce divine, c’est maintenant le temps de se retrouver en famille. Les rues s’emplissent à nouveau de cette agitation sereine qu’on devine se répéter depuis longtemps ici. En rangs serrés, hommes et femmes quittent l’office. C’est un autre lieu qui accompagnera le repos dominical. Entre les deux églises, le «buffet». Principal bar du village, jeunes et vieux s’y retrouvent dès 13h30, heure d’ouverture. On y joue au carré – jeu de cartes local –, on se retrouve autour d’une Ursus fraîche (bière roumaine)… Le cœur de la vie sociale breboise bat ici jusqu’à ce que cette fois-ci, l’autre foie soit à son tour réchauffé. À 20h, le village éteint doucement ses feux. Demain une dure semaine de travail recommence: les longues pluies ont retardé d’une semaine le séchage du foin.

Stanislas

Retrouvez les photos de ce fameux dimanche a Breb sur Flickr.

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Le foulard de la tradition

août 6, 2008 · Laisser un commentaire

Dans le Maramures, le port du foulard n’est pas une question de religion mais de tradition, il en va néanmoins de la réputation des jeunes filles.

 

Dans les champs, au marché ou à l’église, le foulard semble l’accessoire indispensable des femmes du Maramures. Dans un premier temps, cet habillement, jupe à fleurs et tissu sur la tête, m’est apparu comme une marque de folklore, comme la preuve, qu’ici à Breb, les habitants n’ont pas succombé au modèle occidental.

Dans un second, je me suis interrogée sur l’utilité de ce fichu qui recouvre les cheveux. Est-ce pour se protéger du soleil et de la pluie ? Est-ce un signe de respect pour entrer dans l’église ? En voyant les fillettes de 12 ans jouer dans la rue, la tête couverte, je restais tout de même dubitative sur le sujet.

 

Et puis j’ai rencontré Illiana. La particularité de cette jeune femme de 27 ans, outre son tempérament volubile, c’est cette crinière blonde qu’elle affiche sans pudeur. Me sentant à l’aise avec cette jeune femme libérée, voire rebelle du point de vue de sa belle-famille, j’aborde la question qui me trotte dans la tête depuis quelques jours : « Pourquoi les femmes ici portent-elles un foulard sur la tête ? ». Ma question la fait rire. Elle ressort de son placard les foulards pour lesquels elle avait dépensé des fortunes. « C’est la tradition » m’explique-t-elle, ce sont les anciens qui incitent les filles à se couvrir les cheveux.

Si dans les pays musulmans, les hommes sont souvent pointés du doigt sur la question du port du foulard, ici se sont surtout les mères qu’Illiana accuse. Les femmes du village pensent que les filles qui ne portent pas le foulard vont draguer tous les garçons et sortir avec. La réputation de « traînée » menace donc celles qui ont décidé de laisser leurs beaux cheveux à l’air libre.

 

Le plus étonnant dans cette histoire, c’est qu’au moment même de la discussion, une amie d’Illana s’est jointe à nous, vêtue d’un foulard et d’un tee-shirt si moulant, que l’on ne voyait que sa poitrine imposante et un bout de son ventre.

 

Anna

 

Retrouvez les photos du Maramures sur Flickr.

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